"Je suis allé voir mon thérapeute et il m’a dit que j’avais une pubalgie". 

 Fig 1 : douleur pubienne.

Fig 1 : douleur pubienne.

Mais au fait, qu’est ce qu’une pubalgie ?

Etymologiquement le mot « pubalgie » signifie douleur (algie) de la région pubienne (pubis). Elle peut se manifester de façon structurale ou fonctionnelle : 

  • Atteinte structurale : ostéo-articulaire du pubis (ex : fracture..) ou musculo-aponévrotique du canal inguinal (pouvant former une hernie inguinale en laissant passer une portion de péritoine et/ou des anses grêles). 
  • Atteinte fonctionnelle : nerveuse pouvant se manifester sous forme de névralgie (pudendale, inguinale, génito-fémorale…) ou de contractures musculaires des muscles insérés sur le pubis (abdominaux, adducteurs…)

Etant la plus rencontrée chez le sportif, nous allons nous intéresser plus particulièrement à l’atteinte fonctionnelle entraînant un dysfonctionnement musculaire. 

La pubalgie correspond à une inflammation des tendons (tendinite) insérés sur la région pubienne.

Il existe 2 types de pubalgie musculaire :

    -Pubalgie haute : inflammation de l’insertion basse des abdominaux.

    -Pubalgie basse : inflammation de l’insertion haute des adducteurs.

 Fig 2 : muscles adducteurs et abdominaux 

Fig 2 : muscles adducteurs et abdominaux 

Rappels anatomiques : 

Le groupe musculaire des adducteurs est constitué de 5 muscles que l’on retrouve dans la partie interne de la cuisse :

  • Le pectiné
  • Le gracile
  • Le court adducteur
  • Le long adducteur
  • Le grand adducteur

Ce groupe de muscles ayant pour fonction le rapprochement des cuisses est très utilisé chez les sportifs notamment les footballeurs (tir et appuis), les rugbymans (jeu au pied et appuis), les cavaliers (stabilité du cavalier et utilisation des aides)…

Ces muscles possèdent :

    • un tendon supérieur (proximal) inséré au niveau du pubis. Leurs inflammations correspondent à la pubalgie basse.            
    • un tendon inférieur (distal) inséré sur le fémur. En revanche l’inflammation du tendon du gracile est appelée tendinite de la patte d’oie car ce dernier s’insère sur le plateau tibial. 
 Figure 3 : Insertions tendineuses des adducteurs sur le pubis

Figure 3 : Insertions tendineuses des adducteurs sur le pubis

Un tendon est une structure solide, fibreuse et élastique qui permet d’unir un muscle à l’os. Il possède donc une jonction avec le muscle (myo-tendineuse) ainsi qu’une insertion sur l’os appelé enthèse. Chaque partie de ce tendon peut s’enflammer et former une tendinite.

Un tendon est entouré d’une gaine (membrane) synoviale qui favorise les glissements et permet d’empêcher les frottements. Si le liquide synovial s’enflamme nous serons alors en présence d’une ténosynovite. 

Comment savoir s’il s’agit bien d’une pubalgie ?

La pubalgie basse est accompagnée d’une douleur plus ou moins vive et permanente située dans le pli de l’aine irradiant la partie interne de la cuisse sur le trajet du tendon. La douleur peut apparaitre progressivement ou brutalement (lors d’une frappe au football par exemple).

Cette douleur est accentuée à l’effort (marche, course, appuis, tirs …) notamment en début et fin d’entrainement. Elle peut aussi être ressentie à l’adduction contrariée et à l’étirement passif des adducteurs.

Serrer une balle entre les genoux est douloureux.

La palpation du tendon entraine également une douleur. Avec le temps l’inflammation peut provoquer une calcification du tendon qui se traduit par des petits craquements lors de la palpation ou dans les mouvements.